Jean-Pierre CABOS est né le 2 octobre 1809 à Nègrepelisse (82)
Soutenue dans la faculté de Montauban en février 1832, et dédiée à son beau-frère Jeanti Pons, et à sa sœur, ainsi qu’à Monsieur Henri Blanc, ministre du St Évangile à Paris, dont il fut un « ancien condisciple et ami de cœur », sa thèse a pour titre : La doctrine du salut par la foi en J.-C. est-elle immorale?
Jeune suffragant du pasteur QUATREILS, Jean-Pierre CABOS n’a que 24 ans quand il arrive à Nérac en 1833. Il devient titulaire trois ans plus tard, à 27 ans.
Il se marie avec une jeune fille du pays Marguerite DECAMPS.
Jean-Pierre CABOS partage alors la direction de la paroisse avec le pasteur Alphonse de FRONTIN, originaire de Monflanquin, qui succéda au pasteur HOSEMANN en septembre 1843.
Pendant trente-et-un ans, jusqu’à sa mort, « il contribua à donner à la communauté protestante une ampleur qu’elle n’avait pas connue jusqu’alors. » écrit le pasteur Marc FORISSIER dans son livre : Nérac des ténèbres à la lumière.

En 1847, il fonde un collège de garçons qui, jusqu’à la fin, porta son nom. Des pavillons furent édifiés pour recevoir les professeurs mariés dont beaucoup furent pasteurs.
L’illustre comédien de théâtre et de cinéma, sociétaire de la Comédie-Française, Jean-Sully Mounet, dit Mounet-Sully, en fut un des élèves. Nombreux furent les anciens élèves qui devinrent pasteurs.
Le 4 avril 1847, en présence du professeur César Bonifas de la Faculté de Montauban il inaugure l’Asile de Nérac destiné à recueillir les petites filles de deux à six ans. Quinze ans après son ouverture, l’Orphelinat abritait 27 personnes dont 24 enfants. L’institution est amenée à garder ses pensionnaires jusqu’à leur quinzième année. Pendant vingt-cinq ans, Mlle POUY la dirigea « avec une compétence et un dévouement exemplaires. » précise M. FORISSIER.
En 1940, la maison n’abritant plus que quatre enfants, le comité directeur en décide la fermeture pour le 31 décembre. Plus ancien orphelinat de France il a abrité et secouru près de 250 enfants. (voir aussi l’article sur l’association APRES)
Jean-Pierre CABOS réalise son projet d’un collège de jeunes filles qui, en octobre 1865, deviendra l’institution Jeanne d’Albret. Après une vingtaine d’années d’existence, il disparaîtra. « Cette disparition fut une nouvelle manifestation de la carence du protestantisme régional de l’époque à l’égard des établissements scolaires, au moment où tout le monde attendait des merveilles de l’enseignement purement laïque. » regrette le pasteur Marc FORISSIER dans le même livre.
C’est à Jean-Pierre CABOS que l’on doit la construction des temples de Nérac et de Lavardac.
En 1846, devenu président du Consistoire, il inaugure, en présence du sous-préfet et du maire, le temple qu’il a fait construire à Lavardac.
En 1858, sur un terrain acheté à M. Louis Dupré de Pomarède, « après six ans d’attente, de difficultés et d’imprévus nombreux que surmonte patiemment la ténacité jamais prise en défaut du pasteur CABOS, » et après deux campagnes de souscriptions faites auprès des protestants avec succès, ce dernier consacre le temple de Nérac conçu par l’architecte Victor BALTARD, les travaux étant surveillés par l’architecte BOURRIERE d’Agen.
Après un an d’une maladie douloureuse, le pasteur CABOS meurt le 30 juin 1864, âgé seulement de 55 ans.