OCTOBRE

PREDICATION DU 18 OCTOBRE 2026

 

Matthieu 22:15-21

 

À César ce qui est à César, à Dieu ce qui est à Dieu

 

 

Frères et sœurs,

 

Aujourd’hui, nous allons nous arrêter sur une parole de Jésus que nous connaissons probablement tous :

« Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. » C’est une phrase que l’on entend souvent.

On l’utilise parfois pour parler de politique, d’impôts, de la séparation entre la religion et la vie publique.

 

 

Mais lorsque nous lisons attentivement ce passage, nous découvrons que Jésus est en train de dire quelque chose de beaucoup plus profond.

Parce qu’au fond, la question n’est pas seulement :

« Est-ce que je dois payer mes impôts ? »

La vraie question devient :

« À qui est-ce que j’appartiens ? »

Et peut-être même :

« Qu’est-ce que je donne à Dieu ?

 Antonio Arias Fernandez – La moneda  del César 1646 

 

 

 

 

 

 

Le texte commence ainsi : les Pharisiens vont trouver Jésus pour le mettre à l’épreuve. Ils lui posent une question :

 

« Est-il permis, ou non, de payer l’impôt à César ? »

 

 

À première vue, cela ressemble à une simple question. Mais ce n’est pas une vraie question. C’est un piège. Pourquoi ?

Parce que Jésus se trouve devant une situation impossible.

S’il répond : « Oui, il faut payer l’impôt », on peut lui reprocher de soutenir l’occupation romaine.

Et s’il répond : « Non, il ne faut pas payer », alors ses adversaires peuvent l’accuser de rébellion contre César.

 

 

Ils pensent donc avoir enfermé Jésus. Ils pensent qu’il n’a que deux choix. Mais Jésus ne se laisse pas enfermer dans leur logique. Et cela peut déjà nous enseigner quelque chose.

Parce que nous aussi, parfois, nous nous retrouvons devant de fausses alternatives.

 

 

On nous dit :

« Tu dois choisir entre Dieu et ta vie professionnelle. »

« Tu dois choisir entre être chrétien et être heureux. »

« Tu dois choisir entre pardonner et te faire respecter. »

« Tu dois choisir entre dire la vérité et préserver tes relations. »

Et parfois, nous acceptons trop rapidement les choix qu’on nous présente.

 

 

Mais Jésus nous montre qu’il est possible de regarder une situation autrement. Il ne répond pas immédiatement à la question. Il va plus profond.

Jésus leur dit : « Pourquoi me mettez-vous à l’épreuve, hypocrites ? » Jésus voit ce que les autres ne voient pas. Il voit l’intention cachée derrière leurs paroles.

Ils parlent de politique. Mais Jésus voit leur cœur.

Ils parlent d’impôts. Mais Jésus voit leur hypocrisie.

Ils parlent de César. Mais Jésus voit leur rapport à Dieu. Et cela nous rappelle une chose importante :

Dieu ne regarde pas seulement nos paroles. Il regarde notre cœur.

 

Nous pouvons dire les bonnes choses. Nous pouvons même avoir les bons mots dans nos prières. Nous pouvons venir à l’église. Nous pouvons chanter. Nous pouvons ouvrir notre Bible. Mais Dieu regarde plus profondément.

Il regarde ce qui nous motive. Il regarde ce que nous désirons vraiment. Il regarde ce que nous faisons lorsque personne ne nous voit.

 

 

Jésus leur dit : « Montrez-moi la monnaie avec laquelle on paie l’impôt. »

Ils lui présentent une pièce. Et Jésus leur demande : « De qui sont cette image et cette inscription ? »

Ils répondent : « De César. »

Et Jésus prononce alors cette phrase extraordinaire : « Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. »

 

 

Remarquons quelque chose.

Jésus ne dit pas : « Tout appartient à César. »

Il dit : « Rendez à César ce qui est à César. » Il reconnaît donc qu’il existe des responsabilités dans notre vie terrestre.

Nous avons des devoirs envers la société. Nous avons des responsabilités envers les autres. Nous devons respecter les lois. Nous devons participer à la vie de la société. Nous devons être honnêtes. Nous devons prendre soin du monde dans lequel Dieu nous a placés. La foi chrétienne ne nous invite pas à fuir le monde. Elle nous invite à vivre dans le monde autrement.

 

Mais Jésus ajoute immédiatement : « Et à Dieu ce qui est à Dieu. » Et c’est là que tout change.

 

 

Regardons la pièce. Elle porte l’image de César. Elle porte son inscription.

Jésus dit donc en quelque sorte :

« Cette pièce porte l’image de César ? Alors rendez-la à César. » Mais la Bible nous dit quelque chose de très important au sujet de l’être humain.

Dans Genèse 1, nous lisons que Dieu crée l’homme et la femme à son image.

 

La pièce porte l’image de César: Nous portons l’image de Dieu.

Et si nous comprenons cela, alors la parole de Jésus devient extraordinairement personnelle.

Parce que Jésus ne parle plus seulement de pièces de monnaie. Il parle de nous. Il nous dit : « Rendez à Dieu ce qui est à Dieu. »

 

 

Alors posons-nous la question: Qu’est-ce qui appartient à Dieu dans ma vie ?

Est-ce seulement mon dimanche ? Est-ce seulement ma Bible ? Est-ce seulement mes prières ? Non.

Dieu veut aussi être présent dans mon travail, dans ma famille, dans mes relations, dans mes décisions, dans mon argent, dans mes projets, dans mes paroles, dans ma manière de traiter les autres, dans mes blessures, dans mes rêves et même dans mes peurs.

 

 

Parce que si je porte l’image de Dieu, alors ma vie entière a une valeur particulière devant lui. Et parfois nous faisons une séparation. Nous avons notre « vie spirituelle » d’un côté…et puis notre « vraie vie » de l’autre. Le dimanche, je suis avec Dieu, le lundi, je retourne à ma vie.

Mais Jésus nous dit :

« Non. Je veux être Seigneur de toute ta vie. »

Il y a quelque chose d’intéressant dans ce passage.

La pièce peut être rendue à César, mais notre cœur ne doit pas être rendu au monde. Et c’est peut-être là le vrai danger pour nous.

Nous pouvons très bien respecter nos obligations, nous pouvons travailler, payer nos factures, payer nos impôts, gérer correctement notre argent, avoir une bonne situation, avoir une belle maison, avoir des projets.

Et malgré tout cela, laisser progressivement les choses de ce monde prendre toute la place.

 

 

Nous pouvons donner notre argent à César…mais donner notre cœur à l’argent.

Nous pouvons donner notre temps au travail…mais ne plus avoir de temps pour Dieu.

Nous pouvons chercher à être appréciés par les autres…et oublier que notre identité vient de Dieu.

Nous pouvons tellement chercher la réussite…que nous oublions pourquoi nous vivons.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                                                               Bartolomeo Mandredi – Il tributo a cesare 1610

 

Et Jésus nous rappelle :

« À César ce qui est à César. Mais à Dieu ce qui est à Dieu. »

Autrement dit :

Ne donne pas au monde ce qui appartient à Dieu.

 

Peut-être que parfois nous pensons que Dieu veut quelque chose de nous.

Un peu d’argent, un peu de temps, quelques bonnes actions, une prière de temps en temps, mais Dieu ne veut pas simplement quelque chose de nous. Il nous veut nous-mêmes.

Parce qu’il nous a créés, parce qu’il nous aime, et surtout, parce qu’en Jésus-Christ, il est venu nous chercher.

 

Voilà pourquoi cette parole ne doit pas devenir une condamnation.

Elle est d’abord une invitation.

Dieu ne dit pas : « Donne-moi tout parce que je veux te dépouiller. »

Il dit : « Donne-moi ta vie parce que je veux te restaurer. »

Il ne veut pas nous prendre notre liberté, Il veut nous libérer de ce qui nous possède; Il ne veut pas nous enlever notre joie, Il veut nous apprendre où se trouve la vraie joie; Il ne veut pas nous priver de notre vie, Il veut nous donner la vie véritable.

 

 

Lorsque Jésus dit :

« Rendez à Dieu ce qui est à Dieu », il y a derrière cette phrase une vérité extraordinaire : si quelque chose appartient à Dieu, c’est parce qu’il en est la source.

Notre vie vient de Lui, notre souffle vient de Lui, nos capacités viennent de Lui, notre existence vient de Lui.

Et même lorsque nous nous sommes éloignés de Lui, Dieu ne nous a pas abandonnés, Il est venu vers nous: C’est le cœur de l’Évangile.

 

 

Je voudrais terminer avec cette question.

 

À qui appartenons-nous?

Parce que la pièce porte l’image de César.

Mais nous, nous portons l’image de Dieu, nous avons été créé par Dieu, nous sommes aimés de Dieu, nous avons été appelé par Dieu, et en Jésus-Christ, nous pouvons revenir à Dieu.

Parce qu’au fond, c’est peut-être cela que Jésus veut nous rappeler aujourd’hui.

 

La question n’est pas seulement : « Qu’est-ce que je dois à César ? »

La vraie question est :

« Qu’est-ce que je dois à Dieu ? »

Et la réponse est :

Tout.

Parce que nous sommes à son image. Parce que nous sommes aimés de lui.

Et parce que Jésus-Christ a donné sa vie pour nous. Alors rendons à César ce qui est à César.

Mais surtout…

rendons à Dieu ce qui est à Dieu.

 

AMEN

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