TÉMOINS

Le témoin de Mars 2026

John BOST

Fils du pasteur Ami Bost, figure du Réveil protestant, qui est un mouvement évangélique genevois, Jean Antoine Bost, dit John Bost, né le 4 mars 1817 à Moutier, dans le canton suisse de Berne, est un pasteur calviniste et revivaliste du  XIXe siècle, pionnier de l’action sociale. Cinq de ses neuf frères deviendront eux aussi pasteurs.

 

 

En juin 1840, il a vingt-trois ans et renonce à une carrière prometteuse de pianiste. Il part travailler un an comme précepteur en Irlande. À la rentrée 1841, il s’inscrit au collège protestant de Sainte-Foy-la-Grande.

 

À l’automne 1843, il entre à la faculté de théologie protestante de Montauban. Dans ses loisirs, John Bost est moniteur dans une école du dimanche dirigée par le professeur Prosper-Frédéric Jalaguier. Il découvre la misère des enfants des rues et des orphelines qui ne pouvaient être placées dans les institutions existantes, ainsi que l’absence de solutions pour les cas d’urgence sociale.

 

John Bost n’étudie qu’une année à la faculté de théologie protestante. En août 1844, il est en effet appelé par les protestants du village de La Force, en Dordogne. Ces protestants ont refusé de suivre le pasteur désigné par le Consistoire de Bergerac, car pour eux, il n’était pas « évangélique ». Le ministère pastoral de John Bost est reconnu le 26 septembre 1844 à Orléans.

 

John Bost n’a pas été délibérément pasteur d’une église indépendante, il espérait que cette communauté serait entendue par le Consistoire.

 

Le 24 mai 1848, grâce aux recommandations des professeurs de la faculté de théologie protestante de Montauban et aux souscriptions recueillies à Paris et à l’étranger, un orphelinat pour jeunes filles appelé La Famille évangélique, est inauguré. Suivront huit autres pavillons.

L’ouverture de La Famille s’inscrit dans un mouvement de fond des œuvres charitables du XIXe siècle mais John Bost va apporter une originalité, celle d’accueillir un public qui n’est pas reçu dans les autres institutions : des enfants et des adultes étant en situation de handicap.

 

En 1855, les sommes récoltées (plus de 40 000 F) en France avec le soutien d’Adolphe Monod et d’Henriette André-Walther, en Angleterre et en Écosse, lui permettent d’acquérir un domaine et d’y installer Bethseda, asile pour jeunes filles aveugles, infirmes ou handicapées mentales. Trois ans plus tard, c’est Siloé, le pendant pour garçons.

 

À quarante-quatre ans, le 1er juillet 1861, John Bost épouse Eugénie Meynardie Ponterie Escot, la fille de grands propriétaires terriens du bergeracois. Le couple aura quatre enfants.

 

Le pasteur poursuit son œuvre en se consacrant à des personnes atteintes du « haut mal », c’est-à-dire l’épilepsie. Celles-ci n’ont aucun lieu pour être accueillies et sont parfois récusées.

 

À l’issue d’une réunion publique présidée par le banquier François Delessert, une nouvelle collecte permet d’ouvrir en 1862 Eben-Hezer, réservé aux filles, et en 1870 Bethel, pour les garçons.

 

En 1875 et 1876, le pasteur Bost inaugure deux maisons de retraite, Le Repos pour des institutrices, des dames veuves ou célibataires, malades, infirmes ou sans appui et La Retraite pour des femmes de condition plus modeste, célibataires, veuves et servantes âgées.

 

En 1877, le pasteur libriste abandonne l’UEEL et, non sans heurter les plus radicaux de ses paroissiens, réintègre l’Église réformée concordataire, qui s’est rapprochée du librisme en 1872 en adoptant la confession, c’est-à-dire l’engagement public de chacun pour sa foi.

 

Les Asiles de Laforce sont reconnus d’utilité publique cette même année par la IIIe République.

 

Ils se complètent de deux autres établissements grâce à de nouveaux dons. La Miséricorde à partir de 1878 et La Compassion à partir de 1881 accueillent toutes sortes de cas de handicap mental ou physique, de sénilité, d’ « épilepsie ». Ces bâtiments sont équipés de salles d’hydrothérapie.

 

Avant de mourir le 1er novembre 1881 à Paris, John Bost lègue aux Asiles les terrains et les immeubles qu’ils utilisent. Après le décès de leur fondateur, leur direction est attribué au pasteur Ernest Rayroux. Les Asiles de Laforce deviendront en 1882 les Asiles John Bost et en 1969 La Fondation John Bost.

 

 

La Fondation John Bost aujourd’hui

 

La Fondation John Bost est une institution sanitaire et médico-sociale protestante privée à but non lucratif, reconnue d’utilité publique. La Fondation John Bost a une vocation sanitaire (Établissement de santé privé d’intérêt collectif ESPIC) et médico-sociale et se situe dans le cadre des prises en charge de moyenne et longue durée.

 

La Fondation accueille, soigne et accompagne des personnes (enfants, adolescents, adultes et seniors) souffrant de troubles psychiques et de handicap physique et/ou mental, ainsi que des personnes âgées dépendantes, dont l’état nécessite une vie sociale adaptée.

 

Elle dispose d’environ 1 800 places, réparties dans 38 établissements ou services sanitaires et médico-sociaux. Les personnes accueillies vivent dans un environnement ouvert, paisible, « sans murs ni clôtures ». Plus de 2100 professionnels constituent des équipes interdisciplinaires de formations diverses : médicale, paramédicale, éducative, technique et administrative.

 

 

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https://fr.wikipedia.org/wiki/John_Bost

 

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