INTERVENTION DIVINE (2002)
De la difficulté de vivre ensemble.
D’une part, sous la pression de l’isolement et de la répression, la folie gagne les hommes créant au quotidien d’absurdes situations de voisinage propices à des querelles qui, faute de discussions et de concessions, dégénèrent en violence. Les jeunes ne croient plus au Père Noël et les adultes mésestiment leur prochain. Derrière le sourire de façade l’injure se manifeste, la colère repousse le désespoir.
D’autre part, un homme E.S. (Elia Suleiman), Palestinien vivant à Jérusalem. Quand il ne s’occupe pas de son père malade, il retrouve son amour, une Palestinienne de Ramallah, dans un parking désert situé entre les deux villes, près d’un checkpoint, frontière absurde et arbitraire, qu’elle ne peut franchir en raison de la situation politique.
L’agitation d’un côté, le silence de l’autre, une agitation stérile d’un côté et de l’autre un silence empli d’amour et d’une dignité qui plie mais ne rompt pas, un silence de résistance, porteur d’espoir.
Entre les deux ? Les soldats Israéliens du checkpoint qui n’agissent que sur ordre. De jeunes soldats surarmés, arrogants, imbus de leur pouvoir et abusant de l’autorité que leur octroi la force militaire, des soldats sans discernement, sans imagination. Quand un ballon à l’effigie de Yasser Arafat s’envole au-dessus de leur tête pour faire diversion, ils sont déconcertés.
«La résistance est à travers la figure allégorique du personnage de la femme, absolument belle et digne. Beaucoup plus qu’une femme qui aime, elle est Palestine tout comme » Marianne » est France.»
«Elle survit à la cible, et fort de son pouvoir, élimine ses assaillants. Elle certifie à celui qui la spolie qu’elle peut être une cible en carton, mais jamais en chair et en os. D’ailleurs, son bouclier est coupé à la mesure d’une carte, celle d’une Palestine désormais mythique.»
«Elia Suleiman fixe en fin du film une marmite qui bouille…depuis plus d’un demi-siècle dans l’attente d’une intervention…»
https://www.objectif-cinema.com/analyses/129.php Marc Dafonte
Ce film a reçu à le Prix du Jury au festival de CANNES 2002
Le prix de la critique internationale
L’European Film Awards 2002 et celui du meilleur film non européen
CE FILM EST DISPONIBLE A LA MEDIATHEQUE DE NERAC