Témoins

Le témoin d'Avril 2026

FRANCOIS DE BONNE

 

Grand chef de guerre protestant, François de Bonne est né le 1er avril 1543 à Saint-Bonnet-en-Champsaur et mort le 28 septembre 1626 à Valence. Il est seigneur puis duc de Lesdiguières (1611), comte de Pont-de-Veyle et seigneur du Glaizil.

 

Il rencontre pour la première fois le futur roi Henri IV, de neuf ans son cadet, au collège de Navarre à Paris. Après un début d’études de droit, le goût des armes et le besoin d’argent poussent ce fils de petite noblesse dauphinoise à se lancer dans la carrière militaire, où il excelle rapidement. Débutant sous le règne d’Henri III, il participe aux guerres de religion et devient le chef reconnu des protestants du Dauphiné dès 1584. Peu après l’avènement d’Henri IV en 1589, François de Bonne est nommé commandant général du roi pour le Dauphiné et s’empare de Grenoble en 1590, qu’il transforme en profondeur avec notamment les fortifications de la Bastille et la construction du pont qui porte son nom, une prouesse technique, à Claix.

 

 

Fidèle à son roi, il gravit les échelons du pouvoir : nommé gouverneur de Grenoble en mars 1591, conseiller d’État le 6 septembre 1595, commandant en Provence fin septembre 1595.

 

En 1597, il incite Henri IV à reprendre immédiatement la ville d’Amiens tombée dans les mains des Espagnols. C’est en 1597 également qu’il créa le régiment de Lesdiguières, qu’il transmit à son gendre sous le nom de régiment de Créqui.

 

 

Après la signature de l’édit de Nantes, en avril 1598, Henri IV continue de faire appel à ses services et le fait maréchal de France en 1609. Vainqueur à nouveau de la Savoie en 1610, il signe au nom du roi un traité de paix quelques semaines avant l’assassinat d’Henri IV.

 

 

C’est Marie de Médicis, devenue régente du jeune Louis XIII, qui le fait duc et pair en 1611. Malgré cela Lesdiguières est saisi, selon Agrippa d’Aubigné, « par la terreur qu’il avait prise de la ruine apparente de son parti » (protestant). Cela le conduit à abjurer en 1622 à Grenoble, âgé de 78 ans. À la sortie de la messe, son gendre, le maréchal de Créqui lui dit « Monsieur, puisque vous êtes catholique, le roi vous donne la charge de connétable ».

 

 

Les temps changent. À la cour de Louis XIII, très pieux catholique qui a placé son royaume sous la protection de la Vierge Marie, se convertir à l’Église romaine est préférable si l’on veut rester en faveur. Poussé par l’ambition et l’appât du gain, le vieux stratège l’a bien compris même s’il a attendu la toute fin de sa vie pour franchir le pas.

 

 

En 1622, lors des rébellions huguenotes, Lesdiguières, nouvellement converti au catholicisme, répond de la soumission du Dauphiné, dont il est gouverneur, et reçoit en remerciement le collier du Saint-Esprit et l’épée de connétable de France. Il participe aux sièges de Montauban et de Montpellier et est chargé par Louis XIII de négocier la paix avec Henri de Rohan.

 

 

Chef militaire hors pair, diplomate et négociateur habile, qualifié par Henri IV « de rusé comme un renard », il meurt à l’âge de 83 ans, le 28 septembre 1626.

 

Il reste à jamais le dernier connétable de France puisque cette charge ne sera plus jamais confiée à personne.

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_de_Bonne_de_Lesdigui%C3%A8res

 

https://region-ouest.epudf.org/actualites-5000103/voyage-histoire/lesdiguieres-dernier-connetable-de-france-500010503/

  • Anne-Marie Balenbois
  • 29/04/2022

 

  

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