PREDICATION DU 28 AVRIL 2026
Jean 10 versets 1 à 10 : Le bon berger
On pourrait aussi intituler ce texte : le troupeau de Jésus.
Jésus est le berger, qui est le troupeau ? les juifs, les disciples, nous aussi…
Comme souvent dans ses paraboles, Jésus utilise une illustration familière pour ses contemporains : des éléments concrets de l’agriculture et de l’élevage. C’est un peu moins évident pour nous aujourd’hui ; mettons-nous dans le contexte :
Dans la journée les brebis pâturaient mais pour la nuit on les mettait dans un enclos de pierre ; pas de clôture électrique ou de grillage avec des piquets.
Les moutons étant en sécurité derrière les murs de pierre, il ne restait plus qu’un endroit vulnérable, la porte, une étroite ouverture dans le mur de pierre. C’est là qu’il était le plus facile pour un voleur ou un loup d’entrer ou pour un mouton de s’égarer. Tout ça n’existe plus aujourd’hui, c’est pourquoi on ne peut pas prendre la mesure de l’importance de cette porte.
Le berger gardien se postait à cette ouverture ; seul, il gardait plusieurs troupeaux . À la tombée de la nuit, il veillait sur le seuil pour constituer une barrière de protection jusqu’au matin. Il était « la porte des brebis » (Jean 10.7).
Par Jésus, la Porte dit : « Si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé » (Jean 10.9).
Et nous : À quel endroit entrons-nous par le Christ ? Nous entrons dans la vie et le salut. Nous entrons dans la présence de Dieu, notre Père. Et lorsque nous entrons en présence de Dieu, nous recevons le plein pardon de nos péchés, recevons le don de son Saint-Esprit. Et nous avons le privilège de la prière.
Le moyen par lequel nous recevons ces bénédictions est de croire en son nom. Nous croyons que nous sommes entièrement en sécurité derrière lui et que rien ne peut nous séparer de son amour.
Lorsque nous entrons par le Christ, il dit que ses brebis entreront et sortiront et qu’elles trouveront des pâturages (Jean 10.9). C’est dire que nous entrons, certes, mais aussi que nous sortons pour une activité en liberté, la liberté de s’épanouir en Christ. En Le connaissant, nous pouvons trouver tout ce dont nous avons besoin. Car il nous nourrit quotidiennement de sa Parole.
Il encourage régulièrement notre foi par le culte et la prière. Il nous aide par la compagnie autres croyants de notre Église.
Verset 3 « Il les appelle chacune par son nom, et il les emmène dehors ; lorsqu’il les a toutes fait sortir, il marche à leur tête, et elles le suivent parce qu’elles connaissent sa voix… »
Il les conduit non comme un troupeau anonyme, mais comme une assemblée dont il connaît chaque membre, et les brebis, pour leur part, connaissent sa voix. Cette connaissance réciproque, cette reconnaissance mutuelle illustre le lien de confiance et d’amour qui unit chacune des brebis à son maître.
Verset 10 : Je suis venu pour que les hommes aient la vie et qu’ils l’aient en abondance. »
Que veut-il dire par là ? Il faut bien comprendre, dans ce dernier verset, qu’une porte
n’est pas un vantail qu’on ouvre ou qu’on referme, mais un lieu de passage, ouvert à tous ;
une « porte d’entrée » vers un lieu où trouver la réponse à nos quêtes et à nos recherches sur le mystère du salut.
Comme le dit le Psaume 23, il nous conduit vers les eaux paisibles du salut. Il nous fait reposer dans de verts pâturages, de sorte que nous ne manquons de rien dans notre chemin de croyant.
« Si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé » dit Jésus. Et ce salut est ainsi expliqué : « Il ira et viendra », autrement dit il sera enfin et véritablement libre. Et il aura la vie « en abondance ».
Autrement dit il sera rassasié, conforté, assuré de ne jamais manquer de rien, pour ce qui est de la compréhension du sens de l’existence, malgré les obstacles et les épreuves, ainsi que le rappelle avec une entière confiance le psaume 23: « L’Éternel est mon berger, je ne manquerai de rien… » .
C’est là une offre proposée à tous ceux qui veulent bien la recevoir, l’offre gratuite d’une vie à vivre dans la confiance et l’amour, l’offre que propose d’expérimenter celui qui se définit comme berger, Un berger qui prend soin des siens, qui les connaît chacun par son nom et qui les nourrit d’une vie en abondance. Un berger qui n’enferme pas, ne contraint pas, mais qui mène au dehors, dans le monde, et qui laisse aller et venir quiconque dans un esprit de liberté et de fraternité.
Verset 6 « ils ne comprirent pas la portée de ce qu’il leur disait. »
Encore une fois tout ça n’est pas clair pour les disciples :
Ils ne comprirent pas, en effet, que ce berger était plus qu’un maître, plus qu’un prophète, mais véritablement l’envoyé du Seigneur. Et plus que cela encore, que son métier, en tant que berger, n’était pas seulement de ramener au bercail les brebis perdues et de faire rentrer dans le rang l’animal récalcitrant ou qui s’éloigne. Son métier était essentiellement de « faire sortir » les brebis de la bergerie et de les mener au loin.
De même que les brebis qui sortent ne vont pas s’enfermer ailleurs, Le Christ ne nous fait pas quitter un enclos pour entrer dans un autre enclos, mais Il veut une émancipation de chacun, pour sortir au grand air vers nos pâturages et notre alpage, vers la vie vivante, la vie en abondance et non la vie contenue dans des dogmes, des rites et des morales comme dans un parc à moutons.
La religion est un passage, une préparation à la vie émancipée. Notre culte, notre catéchisme pour enfants, la lecture de la bible, apportent des bases servant à tracer un cheminement personnel avec Dieu vers la vie libre et sincère portée par la confiance en Lui.
Par 2 fois Jésus nous met en garde contre les gourous, les idéologues et les faux prophètes qui enferment l’humain comme des moutons dans un parc. Il n’y a pas qu ‘eux ; Il y a bien des forces en nous qui nous emprisonnent, nous-mêmes, nous coupent de notre force humaniste. Les préjugés, les peurs, les blessures , la colère, les distractions nous rendent étrangers au génial cœur de nous-même où bat le souffle de Dieu. Le berger nous fait sortir par la porte, nous fait échapper, et il va chercher encore de nouvelles ressources en nous-mêmes qui nous sont pour l’instant étrangères. Alors, comme un bon berger, une bonne bergère, nous pourrons saisir notre vie de façon, comme le dit Jésus, à nous placer au service de ceux que nous aimons.
Conclusion :
Les paroles de Jésus dans Jean 10 nous amènent à réfléchir à la porte qui se trouve devant nous. Sommes-nous entrés par le Christ? Avons-nous trouvé la vie en lui et la confiance en lui seul ? Ou bien sommes-nous encore en train d’errer à l’extérieur de la bergerie, à la recherche de la sécurité que seul le Christ peut nous donner ?
Le message est clair :
Entrez donc par le Christ. Faites confiance à son nom.
Aimez-le et écoutez sa voix. Et sachez que vous êtes en sécurité derrière celui qui est la porte.
Amen silence
Prédication de Martine.
