Témoins

Le témoin de Mai 2026

Søren Aabye KIERKEGAARD

Soren Aabye Kierkegaard est le septième et dernier enfant de la famille. Il naît à Copenhague le 05 mai 1813 d’un second mariage, alors que son père a 56 ans et sa mère 44.

 

La famille appartient à une communauté piétiste très fervente, ce qui vaut à Søren, selon ses propres dires, « une éducation chrétienne stricte et austère qui fut, à vues humaines, une folie ».

 

En 1821, il entre à la Borgerdydskole (« école de la vertu civique »), une prestigieuse école privée où il se fait remarquer pour la vivacité de son esprit. En 1831, à 18 ans, il commence des études de théologie et de philosophie à l’université de Copenhague.

 

De 1819 à 1834, sa mère, puis ses trois sœurs aînées et deux de ses frères, meurent tour à tour, soit de maladie soit accidentellement, sans jamais dépasser l’âge de 33 ans, ce qui l’amène à croire qu’il ne dépassera pas lui non plus l’âge du Christ. Son père, qu’il respecte énormément,  meurt à son tour en 1838, laissant à ses fils un héritage confortable qui évite à Søren d’avoir à gagner sa vie et lui permet de se consacrer à l’écriture et à la publication. Des neuf membres de la famille, ne subsistent désormais que lui et son frère aîné Peter. Il cesse alors de vivre sa vie avec légèreté.

 

Au mois de mai 1837, il rencontre la jeune Régine Olsen, âgée de 15 ans. En 1840, il la demande en mariage. Elle accepte, mais un an plus tard, et après réflexion, il rompt soudainement avec elle après lui avoir renvoyé son anneau de fiançailles. Cette relation le hantera pour le reste de sa vie.

La même année, il soutient sa thèse de doctorat intitulée Le Concept d’ironie constamment rapporté à Socrate, dans laquelle il fait valoir que Socrate utilise l’ironie afin de faciliter la naissance de la subjectivité chez ses interlocuteurs, qui, obligés d’abandonner leurs réponses immédiates, doivent commencer à penser par eux-mêmes et prendre une responsabilité individuelle à l’égard de la connaissance.

 

Puis il part pour Berlin où, de novembre 1841 à février 1842, il suit les cours de Schelling, qui le déçoivent. Il rentre alors à Copenhague.

Ou bien… ou bien et les Deux discours édifiants, datant tous deux de 1843 et tous deux ouvertement religieux, constituent, à la suite de sa thèse et en continuité avec elle, le début d’un long projet d’écriture où alternent écrits pseudonymes et écrits signés de son nom.

 

 

 

Théologien, philosophe, écrivain, Kierkegaard se définit avant tout comme un poète religieux. Fervent chrétien et brillant théologien, il s’opposera à l’Église danoise de l’époque, Église luthérienne d’État, au nom d’une foi individuelle et concrète.

 

En mai 1855, il commence la publication d’une série d’articles dans un quotidien puis poursuit, cinq mois après, avec onze pamphlets qu’il nomme L’Instant (Øjeblikket). Il lance dans l’un des premiers numéros l’idée suivante : la mission des 1000 prêtres danois consiste en réalité dans le fait d’empêcher et de rendre impossible le christianisme. Dans le numéro 2, cette interprétation audacieuse est exprimée de manière encore plus claire, car les « 1000 hommes d’affaires avec leur instinct de survie sont fort intéressés par le fait que les hommes n’apprennent pas ce qu’est le christianisme… » Dans le même numéro est introduit son point de vue selon lequel les prêtres « jouent au christianisme ». En juin, il fait usage d’expressions comme « filouterie et escroquerie ». En août, les mots « confirmation et ordination » deviennent « comédie ou bien pire », et le mot « mensonge » vient à redonder dans les propos agressifs de Kierkegaard. Dans le même temps, les prêtres deviennent « les 1000 menteurs », puis en septembre des « anthropophages, et de la plus détestable manière. ».

 

Au milieu de ce combat, pendant que le numéro 10 de L’Instant était en préparation, Kierkegaard perd conscience dans la rue, et après quelques semaines à l’hôpital, il meurt à Copenhague le 11 novembre 1855.

 

Ses obsèques furent célébrés en la cathédrale Notre-Dame. L’église était comble, et une foule nombreuse assista à l’office depuis la rue. De nombreux représentants de l’Église, des milieux universitaires et littéraires étaient présents.

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/S%C3%B8ren_Kierkegaard

 

Prière de Soren Kierkegaard

 

Tu nous as aimés le premier, toi notre Dieu, et nous te disons cela comme si tu ne nous avais aimés le premier qu’une seule fois, au commencement de toute histoire.

 

Mais c’est sans cesse, tout au long des jours et de la vie, que tu nous aimes le premier. Quand nous nous éveillons le matin et que nous nous tournons vers toi, tu es le premier, lu nous aimes le premier.

 

Même si c’est à la seconde même de mon réveil que je t’adresse ma prière, déjà tu me devances, déjà tu es le premier à m’aimer. Quand je me retire de mon travail et de mes activités quotidiennes pour penser à toi, déjà tu m’attends.

 

Il en est toujours ainsi, et nous parlons comme des ingrats, comme si tu ne nous avais aimés le premier qu’une seule fois.

 

 

 

 

Étretat Interior Henri Matisse •  1920

 

 

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