Matthieu 3 versets 13 à 17
Le baptême de Jésus: un épisode de la vie de Jésus que nous connaissons sûrement, nous qui sommes rassemblés ici.
Quand j’étais enfant, j’imaginais le baptême de Jésus comme quelque chose de spectaculaire, d’imaginaire et même de féerique. Les cieux qui s’ouvrent, la colombe qui descend et la voix de Dieu, une voix grave sûrement disais-je, bref avec des yeux et l’imagination débordante d’une enfant quoi. En grandissant, je lis moins la Bible, je lis autre chose, je m’intéresse à autre chose mais je continue quand même à aller au culte. Adulte je retourne dans la Bible, je continue à aller au culte et je redécouvre les belles histoires mais cette fois-ci sans trop d’imagination mais avec des questions. Et aujourd’hui après avoir lu et relu cette histoire, je ne vois plus cette scène incroyable des cieux qui s’ouvrent etc, mais je vois autre chose, moins spectaculaire mais tout aussi importante, je crois.

Dans notre texte, nous assistons à la deuxième rencontre entre Jean et Jésus. Rappelons-nous qu’ils s’étaient déjà rencontrés alors qu’ils étaient encore dans le ventre de leurs mères respectives, Élisabeth pour Jean et Marie pour Jésus (Luc 1:39-56).
Jean a réagit dans le sein de sa mère: Luc 1:39: «Dès qu’Élisabeth entendit la salutation de Marie, son enfant tressaillit dans son sein, et elle fut remplie du Saint Esprit. », c’est encore Jean qui réagit lorsque Jésus vient à lui pour se faire baptiser; ce n’est pas une coïncidence mais juste un des nombreux plans de Dieu qui dépasse encore et toujours notre entendement. Deux hommes aux destins tragiques mais des exemples de force, de courage et surtout de résilience.
Aujourd’hui, nous assistons aussi à un baptême particulier, celui de Jésus, qui montre que lui aussi a entendu la voix qui crie dans le désert annoncé par les prophètes, celui-là même qui reprenait les paroles du prophète Ésaïe disant « Aplanissez le chemin du Seigneur » (Ésaïe 40:3). Oui, cette voix qui crie dans le désert, qui annonçait la venue du Seigneur, va lui-même baptiser celui dont il a annoncé la venue, même si, il s’y est opposé: « C’est moi, disait-il, qui ai besoin d’être baptisé par toi, et c’est toi qui viens à moi » et Jésus de répliquer: « Laisse faire maintenant: c’est ainsi qu’il nous convient d’accomplir toute justice »
« Laisse faire maintenant: c’est ainsi qu’il nous convient d’accomplir toute justice », Matthieu 3: 15. C’est le verset qui m’interpelle aujourd’hui, non pas que le baptême de Jésus est moins important, disons que aujourd’hui, ce verset me parle particulièrement. Je ne l’avais pas remarqué avant, puisque focalisée sur le baptême de Jésus essentiellement.
Commençons par le dernier mot du verset, à savoir Justice. Chez Matthieu, le mot Justice désigne la fidélité nouvelle et radicale à la volonté de Dieu. Jean-Baptiste et Jésus se soumettent ensemble au dessein de Dieu dont la signification sera révélée par tout l’évangile soit que Jésus se solidarise ici avec les pécheurs pour les sauver, soit que ce baptême représente la première protestation publique de Jésus contre le rêve juif d’un Messie triomphant.
Jésus veut dire qu’il est tenu, lui, comme tout le monde à se soumettre à toutes les exigences de la volonté de Dieu. On sous-entend que Jésus a reçu en amont l’ordre venant de son père de se faire baptiser par Jean.
Nous passons à présent au trois premiers mot du verset: Laisse faire maintenant.
Maintenant indique une notion de temps désignant la période actuelle, qu’elle soit plus ou moins large (en heures, en jours, en semaines…) …on peut le remplacer par dorénavant, désormais, à partir de cet instant, de suite… enfin ce n’est pas à vous que je vais faire un cours de vocabulaire. Ce qui est sûr, c’est que ce terme désigne le début de quelque chose.
Jésus ordonne à Jean de faire ce qu’il doit faire, c’est à dire le baptiser, car c’est ce qu’il faut pour l’instant et Jean ne s’y oppose plus.
Pour terminer ma démarche, passons à la partie centrale du verset: c’est ainsi qu’il nous convient d’accomplir, et attardons-nous plus particulièrement sur le pronom Nous.
Nous: est donc un pronom personnel de la première personne du pluriel des deux genres. Il représente le locuteur et une ou plusieurs autres personnes constituant avec lui un groupe…ça on le sait.
Interrogeons-nous. Nous sommes tous croyants, nous connaissons chacun à notre niveau la Parole de Dieu et surtout la volonté de Dieu. Sachant cela, que signifie le pronom Nous dans notre communauté ou bien est-ce que ça représente quelque chose ?
Toi Jean et moi Jésus, « il nous convient, d’accomplir toute justice ». Ici, Jésus ne prétend pas pouvoir faire les choses tout seul, il ne prétend pas pouvoir accomplir seul la volonté de son père. Ici, c’est avec Jean qu’une partie du dessein de Dieu doit être accomplie, à ce moment précis.
D’ailleurs, tout au long de sa vie et de son ministère, Jésus n’a jamais été seul. Toutes les personnes qui l’accompagnaient ou qu’ils rencontraient faisaient partie du plan de Dieu.
Il en va de même pour nous et nos précurseurs l’ont bien compris aussi. Pour accomplir la Justice, c’est à dire la volonté de Dieu, il nous faut être Nous, ensemble, toi et moi, vous et moi. Il en découle de ça, les associations de lutte contre la solitude, contre la faim, contre la violence, contre la torture, contre la peine de mort et nombreuses sont ces associations qui sans le Nous, n’existeraient sûrement pas.
On dit que, nous avons besoin les uns des autres , les liens sociaux influencent notre état émotionnel et mental.
Être entouré de personnes bienveillantes peut accroître le sentiment de bonheur et réduire l’anxiété ou la dépression.
Dans une société en constant déclin, il est plus que nécessaire que nous nous retrouvions ensemble pour : ne serait-ce que prier, discuter, débattre pour que le règne de Dieu s’installe. Solidarité, cohésion, partenariat, communion, complicité, association sont les mots d’ordre et seul, moi, je c‘est juste impossible mais Nous, toi et moi, vous et moi, nous pouvons y arriver, voilà mon espérance, même si elle est obsolète, mais elle reste d’actualité.
Conclusion
NOUS en français, ἡμῖν (IMÉIN) en grec, TĀTOU en tahitien, US en anglais, ça sonne tellement bien à mon oreille, ça sonne tellement beau dans mon cœur et ça sonne tellement doux à mon âme. N’est-ce pas là la justice de Dieu, sa volonté, celle d’être ensemble et d’accomplir ses desseins?
AMEN
Prédication de Marthe, du 11 janvier 2026